La Commission européenne recommande d’instaurer des bilans préventifs réguliers dès l’âge de 35 ans afin de réduire les risques d’infarctus et autres maladies cardiovasculaires, premières causes de mortalité dans l’Union européenne. Cette proposition s’inscrit dans le cadre du plan « Safe Hearts » et vise à améliorer de manière significative la santé cardiovasculaire des adultes en détectant plus tôt les facteurs de risque. Pour mieux comprendre cette stratégie, il convient d’examiner :
- Les raisons de débuter les dépistages à 35 ans
- Les examens et contrôles proposés
- L’impact attendu sur la réduction des risques cardiaques
- Les mesures de prévention adaptées en fonction des résultats
Cette approche innovante traduit la nécessité d’une surveillance plus attentive pour anticiper les anomalies silencieuses avant qu’elles ne provoquent infarctus ou AVC.
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Contents
- 1 Pourquoi commencer les bilans préventifs dès 35 ans pour les maladies cardiovasculaires ?
- 2 Quels examens composent le bilan préventif cardiovasculaire dès 35 ans ?
- 3 Les bénéfices attendus des bilans réguliers sur la réduction des risques d’infarctus
- 4 Prévention et suivi : quelles actions après un bilan anormal ?
- 5 Maladies cardiovasculaires : un enjeu majeur pour la santé publique
Pourquoi commencer les bilans préventifs dès 35 ans pour les maladies cardiovasculaires ?
Les maladies cardiovasculaires se développent lentement et de manière souvent imperceptible. À 35 ans, de nombreux facteurs de risque peuvent déjà être présents sans symptômes apparents : tension artérielle élevée, excès de cholestérol LDL, glycémie anormale. Ces anomalies endommagent progressivement les artères et le cœur. La Commission européenne souligne que des bilans réguliers dès 35 ans permettent :
- De détecter tôt des signes d’hypertension, qui touche près d’un tiers des adultes en France, dont la moitié l’ignore encore
- D’identifier un diabète potentiel, touchant plus de 7 % des adultes français, parfois non diagnostiqué
- De prévenir la formation de plaques athéromateuses incrustées dans les vaisseaux
- De réduire substantiellement les incidents graves survenus souvent sans avertissement préalable
Le but est donc de déplacer l’attention vers la prévention active, au lieu d’attendre que des symptômes majeurs apparaissent.
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Quels examens composent le bilan préventif cardiovasculaire dès 35 ans ?
Le bilan proposé par Bruxelles intègre plusieurs volets pour répondre à la complexité des risques cardiovasculaires :
- Entretien sur les antécédents personnels et familiaux, ainsi qu’une évaluation des habitudes de vie : alimentation, activité physique, tabac, vapotage, consommation d’alcool.
- Mesures corporelles : poids, indice de masse corporelle, tour de taille.
- Bilan biologique : tension artérielle, cholestérol LDL (mauvais cholestérol), cholestérol HDL, triglycérides, glycémie à jeun, hémoglobine glyquée (HbA1c) et fonction rénale.
- Électrocardiogramme (ECG) en cas de besoin, pour analyser l’activité électrique du cœur.
Ces éléments aboutissent à un profil global du risque cardiovasculaire, sur lequel le médecin pourra s’appuyer pour recommander une surveillance renforcée ou une intervention ciblée.
Les bénéfices attendus des bilans réguliers sur la réduction des risques d’infarctus
L’application systématique d’un contrôle cardiovasculaire tous les cinq ans chez les 35-64 ans vise à :
- Identifier précocement hypertension, diabète, hypercholestérolémie ou obésité, qui augmentent le risque d’infarctus et d’AVC.
- Réduire le nombre de décès prématurés liés aux maladies du cœur d’au moins 25 % d’ici 2035, une cible ambitieuse soutenue au niveau européen.
- Diminuer le poids économique des maladies cardiovasculaires, estimé à plus de 282 milliards d’euros par an dans l’UE.
La surveillance rapprochée permet une prise en charge personnalisée plus efficace, passant par l’éducation sanitaire ou un traitement médicamenteux selon le risque évalué avec des outils comme SCORE2 et SCORE2-OP.
| Âge | Fréquence recommandée du bilan | Principaux contrôles |
|---|---|---|
| Moins de 35 ans | Au moins un bilan dans la vie | Bilan initial avec facteur familial et risques |
| 35-64 ans | Contrôle systématique minimum tous les 5 ans | Mesures cliniques, biologiques et ECG si indiqué |
| 65 ans et plus | Bilan tous les 3 à 5 ans | Suivi approfondi selon état de santé |
Un bilan préventif permet alors de proposer des adaptations du mode de vie ou des traitements pour prévenir efficacement des événements cardiaques sévères.
Prévention et suivi : quelles actions après un bilan anormal ?
Une découverte d’anomalies comme une hypertension ou un excès de cholestérol ouvre la voie à une prise en charge adaptée :
- Modification du régime alimentaire et encouragement à l’exercice physique
- Sevrage tabagique, notamment en évitant les dangers de la cigarette électronique qui peut aussi nuire au cœur
- Prescription éventuelle de médicaments pour contrôler la tension, le cholestérol ou la glycémie
- Surveillance rapprochée pour ajuster les traitements ou interventions
Cette approche personnalisée optimise l’efficacité de la prévention et augmente les chances d’éviter un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. En France, le système « Mon bilan prévention » lancé en 2024 offre déjà une base intéressante, mais la recommandation européenne vise à renforcer ce dispositif par des bilans réguliers plus ciblés.
Maladies cardiovasculaires : un enjeu majeur pour la santé publique
Les maladies cardiovasculaires restent une priorité sanitaire en Europe. Avec environ 1,7 million de décès chaque année dans l’Union européenne, leur impact dépasse largement le cadre individuel :
- Touchent près de 62 millions de citoyens
- Représentent un coût économique colossal impactant les systèmes de santé
- Requiert des mesures préventives robustes pour assurer la pérennité des services de santé
Il faut garder à l’esprit qu’un infarctus ou un AVC peut survenir sans signe annonciateur. Le dépistage et le contrôle régulier des facteurs de risque sont donc des outils clés pour améliorer la qualité de vie et la longévité des populations.
Pour en savoir plus sur les conséquences du tabagisme sur la santé cardiovasculaire, vous pouvez consulter cet article consacré au tabac et décès en France.



