Plus de 55 000 cas de cancers non diagnostiqués : l’impact méconnu de la pandémie de Covid

Plus de 55 000 cas de cancers non diagnostiqués : l'impact méconnu de la pandémie de Covid

La pandémie de Covid a entraîné un impact sanitaire considérable qui a dépassé la seule atteinte virale, affectant notamment le diagnostic médical des cancers. Entre avril et décembre 2020, environ 55 000 cas de cancers non diagnostiqués ont été recensés dans sept pays à hauts revenus, un effet indirect mais massif de la crise sanitaire. Cette situation résulte de plusieurs facteurs liés à la pandémie :

  • la suspension temporaire des programmes de dépistage retardé,
  • la diminution des consultations médicales et difficultés d’accès aux soins,
  • la crainte des patients de consulter en milieu hospitalier saturé,
  • la saturation exceptionnelle des systèmes de santé mobilisés sur la gestion du Covid.

Ces perturbations ont eu des conséquences palpables sur la santé publique, avec un recul marqué du nombre de patients diagnostiqués à temps. Cet article explore en détail cette problématique, ses implications et la nécessité urgente d’intensifier la prévention cancer dans les années qui suivent.

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L’impact de la pandémie de Covid sur le diagnostic des cancers dans sept pays à hauts revenus

Une étude internationale publiée en 2026 dans The Lancet Oncology, coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon, a analysé les données de plus de 2,6 millions de patients issus de registres nationaux de sept pays : Australie, Canada, Danemark, Irlande, Nouvelle-Zélande, Norvège et Royaume-Uni. Le constat est sans appel : le nombre de diagnostics de cancers a chuté d’environ 16 % pendant les premiers mois de la pandémie, soit près de 55 000 cas non diagnostiqués sur cette période.

Cette baisse ne traduit pas une disparition réelle des cancers mais un diagnostic retardé aux conséquences préoccupantes. Le tableau ci-dessous détaille les pourcentages de réduction des principaux types de cancer détectés en 2020 comparé aux attentes :

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Type de cancer Baisse du diagnostic (%)
Cancer de la prostate – 24 %
Cancer du sein – 18 %
Mélanome (cancer de la peau) – 18 %
Autres cancers – 12 % (en moyenne)

Comment les perturbations liées au Covid ont impacté le dépistage et le diagnostic

Plusieurs facteurs ont pesé lourdement sur le dépistage retardé :

  • La suspension des programmes de dépistage, par exemple, le report des mammographies dans le cadre du cancer du sein. En France, Santé publique France a observé une chute massive de la participation au dépistage organisé durant le premier confinement de 2020.
  • Les consultations médicales annulées ou décalées en raison de la saturation des hôpitaux et de la réorientation des ressources vers la prise en charge du Covid.
  • La peur des patients de contracter le virus à l’hôpital ou dans les cabinets, les décourageant de consulter pour des symptômes nouveaux ou inquiétants.
  • Les difficultés d’accès aux soins dans un contexte où les services non urgents étaient déprogrammés ou réduits.

Ces facteurs concurrents ont contribué à faire disparaître temporairement un nombre important de cancers des statistiques alors qu’ils poursuivaient leur progression silencieuse chez les patients.

Conséquences du retard de diagnostic : une épidémie silencieuse à venir pour la santé publique

Dans le cancer, le temps est une donnée précieuse. Un diagnostic précoce permet d’identifier une tumeur localisée, plus facile à traiter, avec une meilleure survie. À l’inverse, un retard de diagnostic favorise la progression tumorale, augmente le risque de métastases, et complique le traitement.

Les retards liés à la pandémie impliquent que les cancers non détectés à temps pourront être découverts à un stade plus avancé, nécessitant des interventions lourdes, y compris des chimiothérapies intensives. Ce phénomène crée une pression prolongée sur le système de santé, déjà fragilisé par les différentes vagues de Covid.

Le Centre international de recherche sur le cancer rappelle que le dépistage reste un outil fondamental de réduction de la mortalité, notamment pour le cancer du sein, du côlon et du col de l’utérus.

Le cas spécifique de la France : une baisse notable du nombre de diagnostics en 2020

En France, Santé publique France a également confirmé un recul marqué du nombre de nouveaux diagnostics de cancers en 2020 avec une chute particulièrement sévère pendant le premier confinement. Les actes de dépistage, notamment mammographies, coloscopies et frottis, ont subi des réductions importantes.

L’Institut national du cancer (INCa) a alerté dès 2020 sur le risque d’un « effet retard » dû à l’interruption partielle des parcours de soins. Si les campagnes de dépistage ont repris depuis, la crainte demeure concernant les patients non encore détectés et donc non pris en charge.

Il est essentiel de considérer l’impact à long terme sur la prise en charge globale des cancers et l’importance du maintien des consultations médicales régulières, même en période de crise sanitaire.

Stratégies pour rattraper le retard de dépistage et prévenir les conséquences Covid sur les cancers non diagnostiqués

Face à ces enjeux, plusieurs actions sont à mettre en œuvre pour la prévention cancer et la correction des déficits accumulés :

  • Relancer intensivement les programmes de dépistage et encourager leur participation par des campagnes ciblées, surtout dans les populations à risque.
  • Simplifier l’accès aux consultations avec des alternatives comme la télémédecine pour les premiers diagnostics et suivis.
  • Informer et rassurer la population sur la sécurité des structures sanitaires afin de limiter la peur des patients à consulter.
  • Développer une surveillance renforcée afin de mieux identifier les cancers avancés apparus à cause du retard.

Ces mesures devraient limiter l’impact sanitaire durable et la surcharge des services hospitaliers. L’enjeu est d’éviter que la pandémie n’ait laissé une empreinte durable sur la mortalité liée aux cancers.

Le rôle des professionnels de santé et des patients dans la reconstruction du parcours de soins

Il est crucial que les acteurs du système de santé collaborent étroitement pour assurer un diagnostic médical rapide et fiable. Les patients doivent également rester vigilants à toute anomalie, et ne pas hésiter à consulter même en présence d’une pandémie. Des informations fiables et accessibles sur le dépistage retardé et les risques associés sont indispensables pour renforcer cette vigilance.

Enfin, cette crise met en lumière l’importance de la prévention cancer à tous les niveaux, notamment en agissant sur les facteurs de risque modifiables, un levier crucial pour limiter le nombre de cas évitables chaque année.

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