La vaccination en France fait face à des défis persistants dans le suivi des citoyens, malgré une organisation solide et des résultats encourageants chez les plus jeunes. La Cour des comptes met en lumière plusieurs difficultés majeures impactant la couverture vaccinale nationale, essentielles pour protéger la santé publique. Nous verrons notamment :
- Les réussites de la politique vaccinale chez les enfants, grâce aux obligations instaurées.
- Les failles du suivi vaccinal à l’adolescence et à l’âge adulte, périodes où les rappels se perdent souvent.
- Les outils numériques et leviers professionnels à déployer pour améliorer la mise à jour des vaccinations.
Ce diagnostic nous invite à mieux comprendre comment la politique sanitaire pourrait évoluer en s’appuyant sur les données de santé et le rapport détaillé de la Cour des comptes, pour garantir une immunisation optimale et sécuriser l’ensemble de la population.
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La vaccination des enfants : un suivi solide malgré quelques disparités
Chez les nourrissons, la France affiche une excellente couverture vaccinale qui reste un point fort de la politique sanitaire. À 24 mois, plus de 95 % des enfants sont correctement vaccinés contre des maladies graves telles que la diphtérie, le tétanos ou encore la poliomyélite, un résultat soutenu par les obligations vaccinales introduites ces dernières années. Par exemple, la vaccination contre les infections à Haemophilus influenzae b et l’hépatite B est présente dans la quasi-totalité des calendriers.
Quelques écarts subsistent néanmoins. La couverture du vaccin contre les méningocoques ACWY, dont la vaccination est devenue obligatoire chez les nourrissons en 2025, atteint 88,2 % à huit mois, alors que 96,8 % des bébés reçoivent la première dose du vaccin contre le méningocoque B.
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Le calendrier vaccinal contemplant plusieurs injections dans la première année de vie est donc respecté avec rigueur. Cela pose les bases d’une immunisation durable, mais laisse déjà pointer l’importance d’un suivi précis sur le long terme, notamment au-delà de l’enfance.
La rougeole : un exemple clair des défis liés aux rappels
La vaccination contre la rougeole illustre bien les progrès réalisés mais aussi les difficultés en matière de suivi. Le vaccin combiné ROR (rougeole, oreillons, rubéole) est administré en deux doses. Si la première dose atteint un taux de couverture de 95,5 % chez les enfants de 24 mois, ce chiffre n’est pas encore atteint pour la seconde dose. Le seuil de 95 % est pourtant crucial pour prévenir efficacement une circulation durable du virus.
Depuis 2024, la circulation du virus a repris en France, mettant en lumière l’importance de maintenir cette couverture vaccinale optimale, spécialement pour protéger les populations vulnérables comme les nourrissons trop jeunes pour se faire vacciner ou les personnes immunodéprimées.
Pour les adultes nés après 1980, un rattrapage demeure possible afin de compléter ces doses.
Adolescents et adultes : des lacunes marquées dans le suivi vaccinal
Le suivi vaccinal se complique nettement à mesure que l’on grandit. Chez les adolescents, la couverture est nettement moins homogène. À titre d’exemple, la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), liée à la prévention de plusieurs cancers, progresse encore timidement. En 2025, seuls 61,6 % des filles de 15 ans et 46 % des garçons avaient reçu au moins une dose, alors que l’objectif fixé pour 2030 est une couverture de 80 %.
Les efforts se concentrent désormais sur une distribution facilitée, notamment grâce à une proposition gratuite aux élèves de 5e, et l’élargissement du rattrapage jusqu’à 26 ans pour les deux sexes.
Le cas des méningocoques ACWY révèle une situation plus préoccupante. Le taux de vaccination chez les 11-14 ans est de 17,1 %, et ne grimpe qu’à 7,9 % pour les 15-24 ans. Face à ces chiffres, la stratégie de vaccination intégrée dans les collèges depuis 2026 vise à accroître la couverture, afin de protéger directement les jeunes mais aussi indirectement les communautés vulnérables.
Rappels vaccinales à l’âge adulte : un vrai défi
Chez les adultes, les rappels sont essentiels notamment contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, avec un calendrier incluant des rappels à 25, 45, 65 ans puis tous les dix ans au-delà de 65 ans. L’intégration d’un rappel contre la coqueluche à 25 ans renforce cette démarche.
Malgré ce cadre clair, la pratique révèle des oublis multiples dans la population. Selon l’Assurance Maladie, 19 % des personnes estiment ne pas être à jour de leurs vaccinations, et 28 % ignorent quelles sont leurs dernières injections, un pourcentage qui monte même à 48 % chez les jeunes adultes de 15 à 30 ans.
Cette situation découle souvent d’un carnet de santé égaré, des changements de médecin, ou un simple oubli. Néanmoins, l’adhésion générale à la vaccination reste élevée, avec plus de 80 % de la population adulte favorable à la vaccination selon les dernières données.
Les leviers pour améliorer le suivi vaccinal : numérique et acteurs de terrain
Pour pallier ces lacunes, la simplification du parcours vaccinal constitue un axe prioritaire. Le déploiement des vaccinations par des professionnels de santé variés comme les pharmaciens, infirmiers et sages-femmes, étend les possibilités d’accès pour la population.
Un élément clé pour mieux suivre la situation vaccinale individuelle est le carnet de vaccination numérique intégré dans « Mon espace santé ». Celui-ci recense les vaccins reçus, la date et le numéro de lot, facilitant le rappel et le rattrapage. Malgré une activation encore partielle à ce jour, c’est une ressource prometteuse pour améliorer le pilotage sanitaire, largement souligné dans le rapport de la Cour des comptes.
Vaccination en France : à quoi se référer pour vérifier son statut ?
Voici un rappel utile des principales étapes du calendrier vaccinal :
- Enfance : Vaccinations précoces contre diphtérie, tétanos, hépatite B, pneumocoque, ainsi que méningocoques B et ACWY.
- Adolescence : Rappels DTP, vaccination contre les HPV et méningocoques ACWY, souvent proposés en milieu scolaire.
- Âge adulte : Rappels DTP tous les 20 ans, avec ajout de la coqueluche à 25 ans, vaccinations contre la grippe et le pneumocoque à partir de 65 ans, complétées par les rappels et recommandations selon les situations spécifiques (grossesse, maladies chroniques…).
| Âge | Vaccins recommandés / obligatoires | Pourquoi |
|---|---|---|
| 0-2 ans | Diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, hépatite B, pneumocoque, méningocoques B et ACWY, ROR | Protéger contre infections graves et prévenir épidémies |
| 11-15 ans | Rappels DTP, HPV, méningocoques ACWY | Réduire cancer, méningites et renforcer immunité |
| Adultes (25+) | Rappels DTP, coqueluche, grippe, pneumocoque (65+) | Maintenir protection lifelong, protéger seniors |
Si vous avez perdu votre carnet, un professionnel peut reconstituer votre historique vaccinal et vous aider à organiser un rattrapage si nécessaire. Le savoir-faire collectif des acteurs de la santé se révèle primordial pour construire cette mémoire vaccinale partagée.
Un aperçu complet des stratégies vaccinales et des enjeux sanitaires en cours est également disponible dans le rapport publié par la Cour des comptes et dans diverses analyses sur la mission de prévention santé en France.
La maîtrise des données de santé en temps réel, la mobilisation coordonnée des professionnels et l’accès facilité aux vaccinations constituent les meilleurs vecteurs pour combler ces lacunes. Ces mesures sont essentielles pour garantir une politique sanitaire efficace, là où la vaccination s’affirme encore comme la première arme contre les maladies infectieuses évitables, tels que nous le rappelle également le combat contre la grippe saisonnière.



